Salle de bain (presque) zéro plastique : enquête sur ce qui marche
Solides, vrac, recharges : trois ans après la vague, on fait le bilan.
© Photographie documentaire — Au Fil de l'Eau
1. Ce que contient l'eau du robinet
En France, l'eau distribuée est l'un des produits alimentaires les plus contrôlés. Cela ne veut pas dire qu'elle est neutre. Deux composés modifient en permanence ce que votre peau reçoit sous la douche : le chlore, ajouté pour la désinfection, et le calcaire, présent naturellement selon la géologie locale.
Le chlore résiduel libre se situe en moyenne entre 0,1 et 0,3 mg/L à la sortie du robinet. C'est faible — mais c'est suffisant pour interagir avec les lipides de la couche cornée, surtout sur peau fine.
« On parle beaucoup de la qualité de l'eau qu'on boit. On oublie qu'on en absorbe une partie par la peau, plusieurs litres par semaine. »
2. Ce que la peau subit, vraiment
La sensation de « peau qui tire » après la douche n'est pas un ressenti psychologique. C'est une mesure : la perte insensible en eau (TEWL) augmente significativement après une douche en eau dure.
Les personnes atopiques le savent : un déménagement d'une région à eau douce vers une région à eau très calcaire suffit parfois à relancer un eczéma stabilisé depuis des années.
3. Ce qu'on peut faire
Trois leviers, dans l'ordre d'efficacité documentée : réduire la température, raccourcir la durée d'exposition, filtrer le chlore en sortie de pomme de douche. Les deux premiers ne coûtent rien.
Sources & méthodologie
- ANSES, avis 2024 sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
- British Journal of Dermatology, 2023 — Water hardness and atopic eczema.
- Agence régionale de santé, données ouvertes de contrôle sanitaire.